Edition établie et présentée par Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu, avec la collaboration de Faïza Abdul Wahab.

VOICI enfin regroupées, et dans  une édition bien établie, de nombreuses lettres d'Isabelle Eber-hardt (1877-1904), morte dans l'inondation de Aïn Sefra en 1904. De naissance illégitime (on ne sait pas qui est son père), elle était très marquée par son hérédité. Bien que fort contestataire et hors des conventions, elle était quasiment obsédée par une volonté de progresser dans sa quête d'un certain absolu qu'elle voyait dans un islam de type mystique, « confrérique », en Algérie. Elle était sans cesse partagée entre sa lutte contre les exigences de la chair, les extravagances des paradis artificiels et la poursuite de la volonté de Dieu à travers les rites de prières des « confréries » (tariqât).

Comme l'écrivent M.-O. Delacour et J.-R. Huleu, avec raison, « en quête d'elle-même, dès le premier jour I. E. est déjà un être en partance. Une famille déchirée, une société guindée ne peuvent contenir l'espace des désirs de celle qui doit s'inventer pour vivre. Mais étrangère et bâtarde, sans limites le monde lui appartient ». Elle-même, I. Eberhardt, écrivait : « Ainsi, nomade et sans autre patrie que l'islam ; sans famille et sans confident ». En quête d'un « ailleurs », qu'elle trouve au Sahara, mais aussi d'un « ailleurs » spirituel : un certain islam qui nourrit son besoin de paix profonde et d'équilibre intérieur, I. Eberhardt jouera avec les doubles (les noms masculins), les vêtements masculins, les compagnons et amants, bien que son mari Slimène Ehnni paraisse avoir été véritablement l'homme de son cœur.

Voir plus : 

https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_1991_num_1145_1_5649_t1_0068_0000_2

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