KEREBEL Anne, «‘Claviers intimes: les journaux en ligne comme nouvel espace d’intimité», RiLUnE, n. 5, 2006, p. 107-120. 

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 «Mon cœur mis à nu»: c’est un véritable défi littéraire que lançait Edgar Allan Poe dans ses Marginalia. L’aube du XXIe siècle, avec la publication généralisée de l’intime, ne réalise-t-elle justement pas ce que l’auteur américain appelait de ses vœux? Ainsi, les diaristes en ligne, qui publient leur journal intime sur Internet, mettent leur cœur à nu, se dévoilent devant le monde entier, ordinateur, écran et clavier ayant toutefois remplacé les traditionnels papier et plume. Les conceptions de l’intimité, de l’intime et du public, héritées du siècle des Lumières, sont sérieusement ébranlées. La révolution annoncée par Poe de la «pensée humaine», de l’«opinion humaine» et du «sentiment humain», paraît être effectivement en marche, d’autant plus si l’on considère l’ampleur 1 Cette formulation fait écho au titre du webzine Claviers intimes. Regards sur le journal en ligne, espace de réflexion sur la pratique du journal intime «classique» et en ligne aujourd’hui disparu. I Anne Kerebel 108 du phénomène: l’engouement pour les journaux en ligne est tel que l’on peut tout à fait parler d’explosion du genre, voire de phénomène de société. Le foisonnement des journaux intimes sur le net paraît a priori paradoxal tant le web semble former un espace peu propice à l’épanouissement du journal intime: «l’instantané à la place du différé», «la communication à la place de la retenue» (Lejeune, 2000: p. 39), l’exhibition à la place de l’intimité. Manifestement, ce nouveau support de l’écriture intime rend nécessaire une redéfinition du genre du «journal».

1 Cette formulation fait écho au titre du webzine Claviers intimes. Regards sur le journal en ligne, espace de réflexion sur la pratique du journal intime «classique» et en ligne aujourd’hui disparu.

Voir plus : https://rilune.org/images/mono5/10_kerebel.pdf

 

 

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