Les écritures de l'intime [compte-rendu].   Année 1999  7  pp. 398-399.

 

 

L’intime, tout l’intime, peut-il se décrire ? Encore moins peut-on le commenter, affirmer qu’il est parfaitement sincère ? Sous quelle forme ? Délicat problème auquel s’est attaqué le colloque de Brest, les 23, 24 et 25 octobre 1997, dont les Actes, rassemblés et présentés par Pierre-Jean Dufief, viennent d’être enfin publiés sous le titre ci-dessus indiqué, avec ce sous-titre : La correspondance et le journal. (1)

L’intime ? Quel intime ? Celui du journal intime, à l’instar de celui des Goncourt, de J. Renard, de Gide, de Léautaud ? Il s’agit là de “l’écriture au long cours”, comme le dit joliment P. -J. Dufief, de la forme la plus élaborée de l’écriture intime, destinée, au départ, à être un exutoire secret plus ou moins quotidien ; puis, peu à peu, germe l’idée de publication ultérieure, voire posthume. C’est à partir de ce moment-là que tout peut basculer, et la sincérité être mise en cause. Il peut s’agir aussi de simples notes, parfois en style télégraphique, sur un carnet ou un agenda. Ce sont des « instantanés », moins “écrits” que jetés sur le papier, en façon d’aide-mémoire. Mais les lettres sont-elles aussi des “instantanés” ? On peut en discuter. Tout dépend du moment, et surtout du destinataire. D’où surgit le problème de la sincérité du scripteur. La spontanéité est-elle plus affirmée dans la lettre ou dans le journal ? N’y a-t-il pas un double langage entre ces deux formes d’écriture ? C’est un éternel débat, et, à mon avis, un insondable mystère. Qui oserait trancher, si ce n’était l’écrivain lui-même, en admettant qu’il en ait le courage et la lucidité nécessaires, comme en témoigne le Journal des Goncourt et leur correspondance, ou celle de Flaubert, adresée, sur le même sujet, aux frères puis à un tiers.

Lire la suite : https://www.persee.fr/doc/cejdg_1243-8170_1999_num_1_7_1351_t1_0398_0000_2

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(1) Éditions H. Champion, in-8° de 299 p-, 2000, 310 F.

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